Huanchaco et les Huacas del sol y de la luna

Publié le par héloïse Thomas

Arrivée le matin, à Trujillo, après 9h de bus de nuit, je repère un couple de gringos qui sort comme moi de l'autocar.

Je leur demande si ils ont déjà réservé un hôtel ou une auberge, et si, la réponse est négative, si nous pouvons partager un taxi pour chercher une habitation pour la nuit.

Nous voilà à trois dans un taxi pour Huanchaco, à 15 km de Trujillo, en bordure de mer.

Idéal pour me reposer après la fatigante acclimatation à l’altitude

Guillermo et Clémentine sont un couple Franco-mexicain (elle: française, lui: mexicain) vivant à Londres.


Ils ont tout quitté pour partir en voyage, autour du monde, 1 ans. Lui, son bar restaurant mexicain, elle, son job en communication. Ils ont la trentaine, et se parlent essentiellement en Anglais, vu que lui ne parle pas français.

Rencontre sympathique. Le taxi: 5 soles chacun (1 euros 20)

.

Nous choisissons un adorable petit hôtel, pas très cher, toutes les auberges sont complète à cause d une compétition de surf.

Je sais. J’en vois sourire certain. Quant on pense au Pérou , on ne pense pas forcement à Plage et surf. Mais si

 

Ma chambre est spacieuse, pour 25 soles par nuit, j ai internet gratuit, une télé, une terrasse privée, une piscine collective, et en prime la sympathie de gout le personnel (25 soles : 6 euros 30) .

Certains vont tousser, mais pour 25 soles; je suis un peu hors budget.

Mon budget est de 15 à 20 soles, maxi, pour dormir, mais bon, quant j ai vu la piscine, je suis passée du côté obscure de la force. Désolé…

 

Après avoir posé nos sacs dans nos chambres respectives, nous décidons daller « petit déjeuner » (après tout il est 7h30 du matin).

Notre hôtel est à 50 mètres de la plage, immense, et plutôt jolie. Il est 7h30, et il y a déjà un peu de monde.

Nous sympathisons, ils me racontent leur périple, leurs coups de cœur, coups de blues. Apparemment, Clémentine et moi sommes daccord sur un point: LAustralie est unique!!! 

Nous avons fait exactement le même périple, dormis presque dans les mêmes campements, dans le désert australien, et rencontrés des situation similaires. On se met a rêver d y habiter. Enfin, quelques secondes, car on se souvient, tout de suite après, des 26 heures davion qui nous sépareraient de nos familles et amis

Ils n ont pas fait le Brésil, je leur conseil vivement ,en leur décrivant mon périple, là bas, ainsi que mes coups de cœur et mes aventures un peu plus difficile

L
heure du déjeuner arrive, je découvre enfin le « ceviche » :
Le « ceviche » est une marinade de poissons, de jus de citron vert et d'oignon. Tout cela bien sur, très frais .Le ceviche est « cuit » dans le jus de citron et servi froid.

Un plat typiquement de la côte:

Franchement: un délice.

Après le repas, je décide de laisser Clémentine et Guillermo seul, car c’est leur dernière semaine tous les deux; En effet Guillermo termine son voyage plus tôt et laisse sa chérie toute seule, encore deux petits mois.

Je « glande », absolument, toute l’après midi, sans aucune culpabilité, je lis, je fais des mots fléchés (lolo, sans toi, les mots fléchés , c’est pas pareil…), tout cela bien sur, en short et en tong, (32 degrés°) . God! ça ressemble a des vacances ???? Non??


Le lendemain, stop la glandouille, je décide d’aller voir le site des « Huacas del sol y de la Luna ». Apparemment magnifique, selon Nick, l’anglais, rencontré à Huaraz.

Je prends un micro bus local:

Arrêtons nous quelques instant sur « la méthode de prise de micro-bus au Pérou »:

c’est très simple: il y a un chauffeur et un crieur. Le crieur, derrière la porte coulissante, hurle le nom de sa destination tout le chemin;

Oui, car au Pérou, il n’y a pas d’arrêt de bus, les bus se prennent n’importe ou, il suffit juste de savoir ou ils passent.

Donc le crieur, tout le long du chemin, crie sa destination, et ouvre et referme la porte coulissante à$ chaque venue ou sortie des voyageurs. Il récolte aussi l’argent: 1 soles 50 pour aller à Trujillo (0,35 centimes d’euros, c’est 10 fois moins cher que le taxi).

Le micro bus ne s’arrête pas complètement. Quant vous le voyez arriver, faites un signe, il ralenti à votre hauteur, la porte coulissante s’ouvre, et à vous de faire preuve de dextérité pour sauter dans le micro bus avant qu’il ne ré accélère.

A chaque aller et retour du micros bus, le crieur descend, en courant, donner un petit bout de papier à une personne derrière un guichet, qui lui en donne un autre. Je ne comprends pas pourquoi ils font cela, je demanderais..

Je voudrais aussi parler de la sympathie des Péruviens, en générale. Pour l’instant, partout ou je suis allée, je n’ai rencontré que sourire, aide, et patience de la part des péruviens, qui sont généralement très conviviaux.

Rien que pour communiquer, ils sont très patients, répètent, articulent mieux, et si jamais vous ne comprenez toujours pas, ils cherchent un moyens plus simple d’exprimer ce qu’ils veulent dire, et reformulent leurs phrases.

Qui fait ça??? sérieusement???

De tous mes voyages, c’est la première fois que je rencontre des gens aussi patients. Bon, ils ne sont pas du tout bilingue, mais j’estime que c’est à moi de m’adapter et pas à eux.

En montant dans le bus, je demande gentiment, au conducteur, si la station de bus nationale (pour acheter mon billet de retour sur lima) est loin de la place centrale. A peine ma phrase fini, que tout le bus m’explique. S’enquiert de mon périple, me nomme chaque monuments dépassés par le bus. Je souriais de bonheur. La dame, à côté de moi, me montrait du doigt tout ce qu’elle pouvait: 

«A droite le stade

A gauche la mairie

A droite le collège militaire

A gauche le musée archéologique

Etc.

Etc.»

Le bus s’arrête a l’endroit ou je doit descendre. Tout le monde me mime exactement la situation de la station de bus nationale:

A la Izquierda, 2 cuadras, y a la Izquierda

(a gauche, 2 carre (pate de maison) et à gauche.

Je descend, ils me font tous coucou de la main en partant.. :)

Je prends mon billet pour le 2 février et me balade dans Trujillo.

Trujillo, ville agréable, aux multiples maisons coloniales, aux palais immenses qui bordent la plazza de armas(place centrale).

Toutes les villes en Amérique du sud ont une plaza de armas.

Je prends un taxi pour les « Huacas de la Luna y del sol».

Mon chauffeur de taxi s’exprime avec un chuintement. Je suis vernis! Il est très bavard, déjà que j’ai parfois un peu de mal à comprendre l’espagnole, là, c’est encore pire.

On finit par se comprendre. Je m’invente un Novio (fiancé) , resté à l’hôtel à cause d’un mal d’estomac (oui, je sais , c’est mal de mentir, mais bon, seules les filles qui voyagent en solitaire peuvent me comprendre sur ce coup là)

On arrive devant le site, je suis déjà impressionnée par l’immensité du site archéologique.

Je paye l’entrée (11 soles) et découvre mon guide qui parle un excellent français. Tous les guides sont étudiants et bénévoles, et chacun a une spécialisation dans une langue.

Je n’imaginais pas encore, à ce moment, la splendeur de ce que j’allais découvrir.

Nous ne pouvons que visiter la Huacas de la Luna, car la Huacas del sol , la pyramide, n’a pas encore été fouillé par les archéologues. Le site est en constante évolution car il y a un travaille, colossal, de fouille.

Ils ont découvert ce site en 1991, site de la civilisation des moches vivant entre 100 et 800 de notre ère.

La Huacas de la Luna est un temple, qui se renouvelait suivant un calendrier cérémonial précis, et un étage venait s’ajouter à la structure enterrant ainsi l’étage inferieur (il y a 5 étages en tout), ils ont seulement fouillé les 2 derniers, et une petite partie du 3eme.

L'édifice est construit entièrement avec des briques d’adobe, matériau de construction le plus courant dans cette région.


la construction de l'édifice démarra autour de l'an 100 après J.C., c'est-à-dire quasiment dès l'apparition de la culture Moche, et continua tout au long de l'existence de cette culture, jusqu'aux environs de l'an 700. La raison de cet étalement dans le temps est simple : avec une période d'entre 80 et 100 ans, le plus haut étage de la Huacas de la Luna était condamné, les couloirs comblés et l'on élargissait la base, construisait un nouvel étage au-dessus du précédent, élevant la rampe d'accès, de façon à ce que seul ce nouvel étage soit encore accessible. Les degrés de la pyramide s'empilaient ainsi les uns au-dessus des autres sur une très longue période.

Ils ont découvert beaucoup d’ossements de l’époque, et on reconstitués l’histoire des sacrifices du royaume des moches:

A chaque étage, il y a une cour, des chambres pour garder les donations du peuple vivant au pied du temple, fortifié de murailles atteignant les 3 mètres, et une chambre de purification des futures sacrifiés.

Des combats etaient organisés dans la grande cour, entre les meilleurs combattant. Le perdant, n’était pas tué tout de suite. Il devenait l’esclave du vainqueur, qui le déshabillait et l’enchainait. Puis le jour du sacrifice, il l’emmenait dans la chambre de purification.

Dans cette chambre, une femme leur donnait une breuvage hallucinogène provenant d’un cactus, et leur tranchait la gorge.

Dans la culture moche, la femme représente la vie et la mort.

C’est elle qui tue, et qui exécute les sacrifices, car ils pensent qu’elle représente la dualité entre la vie et la mort.

Ensuite, le sang de l’égorgé, est versé dans une coupelle, et amené au grand prêtre qui le boit.

Un artiste entre dans la chambre de purification, modèle le visage du défunt avec de la terre, .. Peint son œuvre pour se rapprocher parfaitement de la couleur du visage du défunt, les masques atteignent la perfection dans la copie du visage du sacrifié, Puis le grand prêtre brise le masque en mille morceaux, pour montrer que cette « être » n ‘existe plus.

Le corps est ensuite exposé sur le flan du temple, pour honorer les dieux.

Le principal dieu se nommait Ai-apaec, Créateur mais aussi "décapiteur" (El Degollador en espagnol), que l'on trouve représenté sur de nombreuses céramiques et fresques de temples. Il prend souvent la forme d'une araignée, ou encore d'une créature ailée ou d'un monstre marin. Lorsque le corps est entièrement représenté, on le voit toujours tenant dans une main un couteau, et de l'autre une tête tenue par les cheveux.

Les moches ,ne connaissant pas l'écriture, c'est par le biais de la poterie, du dessins et de la céramique que les Moches ont laissé le plus d'informations sur leurs us et coutumes.

Voilà, très sympa les moches, non???

J’ai beaucoup aimé la visite. Il sera intéressant de voir l’évolution du site sur les années à venir.

Retour à l’hôtel

Hasta pronto

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