les salars d'Uyuni (partie 1)

Publié le par héloïse Thomas

Uyuni

 

J’ai vécu mon premier accident de bus. J’en avais beaucoup entendu parlé. Les accidents de bus sont très fréquents en Bolivie.


Nous étions tranquillement entrain de discuter avec Fred, quand soudain, grand bruit , turbulences, balancements, « encrassage » corporel sur le dossier du siége devant moi. Silence, puis cris et pleurs. Un enfant à côté de moi, qui était allongé sur ces deux parents cris de terreurs. Tout le monde est inquiet. On nous invite à sortir. Il n’y a aucun blessé.


Les freins ont tout simplement lâché, et le reflexe héroïque, oui héroïque du conducteur nous a permis , non pas de tomber dans le ravin sur notre gauche, mais de foncer droit dans une dune de terre sur le côté droit. S’il s’était rendu compte 2 secondes plus tard de l’inefficacité de ses freins, nous serions déjà dans le virage, face au ravin, et nous aurions probablement fait un joli vol plané dans le ravin. Je ne me rend pas compte tout de suite de la possible gravité de la situation. C’est plus tard que le coup de bambou est arrivé.

Je repensais , à cette française, rencontrée à Trujillo, qui avait eu un accident de bus en Bolivie.

Bilan: 5 morts, et elle, des cicatrices profondes sur le corps. Le bus avait basculé dans un ravin. La direction avait lâché. Elle était traumatisée par les bus.


J’ai eu peur, mais je prends le bon côté des choses: tout le monde va bien.
Après 1 h d’attente , et des « Mac Gyvers » qui s’afféraient sur le bus pour réparer les freins. Reprise de bus pour seulement 1h. Oui ,car 1 h après, pneu arrière crevé. La poisse…..
Je reste impressionnée par le flegme des Boliviens en générale. Personne ne râle, c’est la vie. Dés qu’il y a eu l’accident et le pneu crevé, les gens sont simplement sortis du véhicule et se sont assis sur la route, attendant patiemment de remonter.


Quand le bus est arrivé à Uyuni , j’avoue que les quelques gringos dans le bus se sont tous regardés d’un air un peu inquiet.

Le guide du routard , mon livre de voyage, avait raison, c’est un NO Man’s LAND. La première question qui vient à l’esprit est : comment peut on vivre ici???. On se croirait dans un décor de film ou le scénariste aurait imaginé la ville la plus perdue, la plus désertique et la plus étrange de toute l’histoire du cinéma.


D’ailleurs, j’aime bien quand mon guide du routard écrit qu’il y a une gare routière dans cette ville. La gare routière c’est une rue en terre, avec quelques bâtiments au peinture écaillée qui semblent être des agences de Bus

J’ai bien envie de scanner la carte d’Uyuni dessinée par le guide. 5 rues, au totale.

Comme la ville n’est pas très grande, comme vous pouvez l’imaginer, nous décidons d’aller seul, sans taxi , à la rencontre de notre auberge de jeunesse au risque de nous perdre…. On ne sait jamais.

Notre choix se portera sur l’hôtel « hostelling internationale » . Mauvaise nouvelle en arrivant. Pénurie d’eau à Uyuni, on ne peut pas prendre de douche et l’eau du lavabo, c’est de l’eau de pluie donc a sauvegarder.


C’est tellement loin de tout Uyuni, qu’il arrive souvent qu’il manque d’eau ou de ravitaillements quelconques.

Inutile de dire que quand tu demandes à quelqu’un s’il y a un distributeur de billet, il te regarde comme si tu lui parlais de la nouvelle technologie Bx12 Z.EP74 qui permet la téléportation, c’est bien connu.

Finalement je finis par savoir qu’il y en a un , installé depuis l’année dernière, mais qui ne fonctionne pas. La belle affaire.


Ici, c’est à l’ancienne, si tu veux de l’argent, tu vas directement voir le banquier, lui demander dans le blanc des yeux, l’air absolument convaincu, que oui, l’argent que tu vas retirer c’est pour t’acheter une boite de chips « pringles »mais que c’est d’une absolue nécessité, voir vitale; surtout quant tu sais que ton prochain déjeuner, ça sera du poulet, ton diner, du poulet, ton petit dej, tu pain au poulet, etc. etc.


(Uyuni, ville de 14 000 habitants, 3669 m)


Dans le bus, 2 allemands nous accompagnes: Franziska et Michaël. Nous décidons de réserver un tour dans les salars tous ensemble pour essayer de faire baisser le prix.

Les salars: plus vaste réserve de sel au monde, le salar d’Uyuni s’étend sur 12 106 km à 3653 m d’altitude. Quant il est asséché, le salar, d’un blanc aveuglant, est une étendue désolée d’une incomparable beauté. Juste le ciel bleu, le sol blanc et vous.

Dés qu’il retient un peu l’eau, la surface reflète à la perfection les nuages et le ciel bleu de l’Altiplano, au point de masquer l’horizon.


Cela tombe bien, le salar est inondé, au point que certaines agences décident de ne pas le traverser seulement d’y faire un aller retour et de continuer ensuite vers le sud lipez.

Sauf notre agence, qui décide de prendre le risque. Plusieurs voyageurs, rencontrés durant le périple, avaient énoncé cette agence comme une bonne agence? Et les allemands ont également fait des rencontres qui leurs indiqués cette agence. Très bien.

On négocie un tour à 650 bolivianos (65 euros) pour 3 jours, 6 dans un 4x4 avec chauffeur guide, nuits comprises, nourriture …etc..

Vamos


Je suis vraiment heureuse d’être à Uyuni, j’en rêvais. Je l’avais noté dans mon petit calepin des choses à ne pas louper.


Lendemain matin. Levée aux aurores pour le grand départ.

Dans la jeep: les 2 allemands, 1 français: Julien, et un franco-Bolivien :Carlos, ainsi que Fred (un autre français) et moi. Autant dire que les français sont en force, mais nous ne communiquerons qu’en Anglais ou espagnole.

Les allemands sont vraiment adorable: ils ont voyagé 6 mois en Asie et voyagent 6 mois en Amérique. Je n’ai jamais rencontré d’Allemands désagréable. Ce sont vraiment des gens pleins de gentillesse.


Première étape: le cimetière des trains: étrange, de voir ces trains abandonnés, rouillés, au milieu de nulle part.

Je fais quelques photos, quand soudain j’entends une voix française qui me parait étrangement familière. Je me retourne. Je sourie.

Au milieu de nulle part, à 18 000 km de France, qui vois-je papoter comme une pipelette (la maladie de la pipleterie voyage donc outre atlantique): ARIANE COUSI et MAXIME LANDREAU, tranquillou avec les parents d’Ariane juste à leur côté.

J’ai du mal à le croire. J’ai du mal à croire au hasard. Eux, partis depuis Octobre dernier pour un petit tour d’Amérique du sud, moi juste pour 2 mois.

Nous avions bien évidement communiqué par internet mais trop peu pour pouvoir se donner un rendez vous.


C’est dingue. Je les interpelle comme si de rien n’était. Ariane Cousi fait son hystérique comme d’hab’, et Maxime fait une tête de: « J’y crois pas, c’est pas possible!!! ». Surement la même tête que moi d’ailleurs. Je les serre fort dans mes bras, je n’imaginais pas à quel point ça me ferai du bien de les voir. Ils me manquent un peu quand même.

Voir qu’ils vont bien, qu’ils sont tout bronzés , tout souriant, me rends heureuse. J’hallucine et je suis heureuse.


Bien sur, ils ont aussi pris une agence pour faire le tour des salars et du sud lipez mais leur agence ne traverse pas les salars. Ce n’est pas grave, nous nous retrouverons certainement plus tard, à divers endroits stratégiques ou les 4x4 s’arrêteront surement.

On fait 1 ou 2 photos débiles avec Ariane et Max, chose qui n’étonnera personne et remontons dans nos jeeps respectives.


Quelques kilomètres plus loin: enfin les salars, effectivement inondés.

Un paysage a couper le souffle. Vraiment le plus psychédélique que j’ai vu. Ce genre de paysages existent sur terre, ça parait fou.

Dur de le décrire, les photos parlent d’elle-même: on ne sait pas ou s’arrête l’horizon ou commence le ciel.


Je retrouve Ariane et Maxime, suivis des parents. …….

…..Je suis au milieu des Salars avec La famille Cousi et un Landreau….. Pour ceux qui les connaissent, je vous laisse quelques secondes pour imaginer.

J’en rie d’écrire ces mots.

 

Bien sur , on a fait des photos bêtes, on a rit, on a cherché les mots pour d’écrire le spectacle qui s’offrait à nous mais il suffisait de voir nos yeux pétillants et nos visages pour nous comprendre.

Extraordinaire.


Le déjeuner se passera derrière le 4x4, au milieu des salars. Une petite gazinière à même le sol, une patate, un steak , du quinoa et le tour est joué.

Après le déjeuner, je dis au revoir à la famille Cousi (haha) et à Max, nous ne sommes que trois « 4x4 » a continuer dans les salars.


La journée consistera a rouler dans les salars, parfois inondés, parfois secs et a faire quelques pauses pour admirer le paysage.


Enfin, au milieu de nulle part, un petit hôtel de sel.

Les murs en sel, les lits en sel, les tables en sel, tout est en sel.

Une famille vit là, avec leur fils Kévin (Kébin)

Pour prendre une douche chaude vous devrez débourser 7 Bolivianos (70 centimes) car l’eau est précieuse aussi ici. Il n’y a que l’électricité de 19h à 21H, cela me rappel l’Amazonie.


Lendemain matin, réveil à 5h30, une longue journée nous attend.

J’hallucine vraiment sur la diversité des paysages vue dans la journée.

Désert, plaines, montagnes enneigée, sable, cailloux, herbes, lagunes.

C’est vraiment les paysages les plus fous que j’ai vu. On m’avait prévenu qu’au niveau des paysages, la Bolivie surpassait le Pérou. Je dois dire que c’est vrai. C’était vraiment dingue et fatiguant d’avoir les yeux écarquillés à chaque secondes.


Arrivée dans le désert, je fais 2 ou 3 photos, et je trouve prés de notre jeep, un appareil photo tout beau, tout neuf.

Mince, si cela se trouve , quelqu’un a perdu son appareil photo ici; Je demande à notre groupe si cette appareil leur appartient. Personne.

Nous sommes seul, pas d’autres jeeps à l’horizon.

Je décide de regarder les photos à l’intérieur pour identifier une personne quelconque que j’aurais pu apercevoir ces dernier jours. Carlos reconnait une fille colombienne sur les photos.

Nous décidons de les chercher au prochain arrêt ou il y aura des jeeps.


Pas besoin car quelques kilomètres plus loin, au milieu du désert, rien a gauche, rien a droite , nous voyons un 4x4 arriver en trombe. C’est eux, c’est sûr.


Je sors les bras et la tête par la fenêtre et agite les mains. Tout le monde fait de même en se marrant. Les Colombiens comprennent qu’on a récupéré leur appareil photos, et font de même, sortent la tête les bras et s’agitent dans tous les sens.

Visuellement c’était vraiment drôle de voir 2 jeeps au milieu du désert qui se rejoignaient à fond avec 6 dingues dans chaque voitures a agiter les bras en riant.

Arrivée a hauteur, personne ne descend. Je lance, par la fenêtre, l’appareil à un garçon mort de rire. Tout le monde rie, c’est bonne enfant.


Nous arrivons enfin a la laguna Colorado.

Une lagune très toxique pour l’humain mais apparemment pas pour les flamands roses qui se trémoussent sur le lagon.

C’est très jolie et très bizarre, on se croirait sur une palette de peinture d’un artiste prêt à mélanger ces couleurs. Du orange, du bleu, du vert, du jaune, du rouge, du beige, du noir. La lagune est vraiment bizarre.


Nous apprenons qu’une jeep a eu un accident… décidemment, j’ai un mauvais pressentiment, je ne sais pas pourquoi.

Nous voyons la jeep: le toit complètement défoncé, la tôle défoncée et pliée . La jeep s’est retournée. Les passagers sont sain et sauf à part une fille qui est blessée au dos.


Waouh ou.


Autant de dire que notre chauffeur roulait doucement après. Il n’y a pas de ceinture dans les jeeps, et les routes sont vraiment, vraiment, limite parfois, même avec un 4x4.


Le soir, autre ambiance, nous dormons dans un dortoir. Même système que la veille: électricité de 19h à 21h, Electricité générée par un générateur à essence. Je comprends pourquoi cela ne dure que seulement 2h.

La douche est chaude et gratuite, mais je ne suis pas sur que l’on puisse appeler cela une douche: un tuyau de plomberie relié à une bassine en hauteur. Pas la peine de penser à se laver les cheveux, déjà que pour se rincer au « filé » d’eau est difficile.

Ensuite diner avec du vin de Tarija », sans date. Je ne m’y connais pas trop en vin (puis je n‘aime pas le vin rouge), mais une bouteille non datée , c’est bizarre non. Bref, je goute parce que je suis polie mais ce n’est pas très bon.


Comme nous savons que, le lendemain, le levée se fera à 4H30, nous nous couchons relativement tôt . 21h.


Je m’endors avec un mal d’estomac. Je savais que ça allait mal tourner, je n’imaginais pas comment.


Suite sur Uyuni 2 et Hôpital d’Uyuni

 

 

 

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