Potosi et les mineurs

Publié le par héloïse Thomas

Potosi

 

Arrivée au Potosi.

De l’extérieur Potosi à l’air d’un vaste chantier.

Une ville qui ne donne pas vraiment envie de s’arrêter; mais en arrivant dans le centre , on découvre que la ville cache bien ces trésors.


J’aime cette ville , je m’y sens bien et pour la première fois, je rencontre des boliviens vraiment très sympathiques et avenants.

Ouf! Je commençais à désespérer;


Nous arrivons dans un terminal terrestre immense et neuf. Disproportionné par rapport à la ville. Je crois n’avoir jamais vu un terminal comme cela depuis que je voyage.

Nous décidons de ne pas prendre un taxi mais un micro bus pour rejoindre notre auberge de jeunesse dans le centre.

Tout commence très bien, le chauffeur est gentil et rigolo, la Mama qui est assise devant nous , nous sourie de toutes ces dents quand nous nous asseyons, et une petit fille avec un ballon de basket nous salue à son entrée dans le micro bus; D’ailleurs tous les passagers qui rentrent dans le bus, saluent d’un « Buenos Dias » les autres passagers déjà présent.


L’auberge est très mignonne et très propre. Le personnel accueillant. Nous déposons nos affaires, Frédéric et moi, et partons à la recherche d’un moyen de nous sustenter. (oui, j’ai réussi à placer ce verbe pas facile à placer). (promis la prochaine fois, j’essaierai simplement de ne pas faire de fautes d’orthographes).

Nous trouvons notre bonheur dans une pâtisserie restaurant. Ou la serveuse est un sourire sur pieds, vraiment adorable. Encore plus adorable quand on se rends compte qu’elle s’occupe seule du service , de la cuisine, de la caisse, du débarrassage des tables et de la vaisselle; Elle m’impressionne mais je lis sur son visage une certaine fatigue.


L’Après midi consistera à la visite de la ville, et de son marché.


Bien-sur l’intérêt de Potosi est de visiter les mines , pour comprendre les conditions terribles des mineurs qui y travaillent.

Les mineurs ne travaillant pas le dimanche, l’intérêt de la visite est nul. Nous décidons de repousser notre visite le lundi.


Cela nous laisse une journée OFF pour nous balader, reposer, laver nos affaires, ce qui pour cette dernière se révélera un parcours du combattant.


Un conseil , avant de donner vos vêtements à la laverie , compter les.

J’en ai donné 29, et récupéré 26. Bien sur, j’ai objecté votre honneur.

Au final après 2 jours de recherche j’ai récupéré un short (27), et une paire de chaussette qui m’avait couté un bras parce que anti ampoule (28). Il me manque donc quelque chose que je suis incapable d’identifier; tant pis!


Le deuxième matin, après avoir passé une nuit difficile à cause d’un ronfleur qui réveillerai un sourd, qui vois-je arriver, les yeux encore à demi clos.

Guillermo!!!!! Mon argentin préféré; Je suis contente de la voir Nous papotons, il me décrit le programme de sa journée, je lui décrit le mien: visite pour lui, glandouille pour moi.

Nous décidons quand même de diner ensemble le soir, et de visiter les mines ensemble le lendemain.


Le diner du soir est le plus cher que j’ai fait en Bolivie. Dimanche oblige, les restaurants sont fermés; sauf quelques restaurant luxueux; Nous en choisissons un. Entrée chic, serveur nœuds papillons, qui vous accompagne jusqu’à votre table. Et vous apporte avec élégance la carte des mets.

J’ai mangé une truite recouverte d’une délicieuse crème au basilic et citron , agrémentée de pommes au four et petits légumes; boisson :un coca; addition; 50 soles: soit 5 euros;


Le lendemain départ pour les mines: mines d’argents

J’appréhende un peu de rencontrer ces mineurs, qui ont une espérance de vie très faible.

Pour les creuseurs, 15 ans à partir de l’entrée dans la mine, pour les autres ils décèdent aux alentours de 45, 50 ans, de la silicose , une maladie pulmonaire grave. Sans compter les effondrements et accidents diverses qui arrivent lorsque l’on travaille dans une mine;

Nous ne parlerons pas des enfants qui y travaillent, soi disant il n’y en avait pas qui travaillait dans les mines que nous visitions mais en rencontrant certains mineurs (dans les deux sens du termes) et en leurs demandant leurs âges, ça tourne autour de 14, 15 ou 16 ans. Pour moi à cette âge là, on est encore un enfant. Mais bon pour eux enfants, c’est 7 ou 8 ans.


Avant d’aller dans les mines , arrêt obligatoire dans une petite pièce pour s’équiper: botte , pantalon, veste, casque, lampe frontale. Puis arrêt devant un petit marché pour faire des cadeaux aux mineurs que nous rencontrerons, les mineurs sont très pauvres. Ils ne gagnent que ce qu’ils trouvent comme pierre d’argent.

Ce que nous pouvons leur offrir est souvent des produits inaccessible car trop cher ou alors des produits qui les aident à oublier leurs conditions de travaille très difficiles: nous pouvons leurs acheter des cadeaux pour leurs enfants, des stylos, des cahiers, etc., et ensuite des produits d’hygiène tel que du dentifrice (très cher) ou des savons, shampoing etc. etc. et ensuite des produits beaucoup plus personnel: tel que des feuilles de coca, des boissons, de l’alcool à 96 degrés (oui, oui, vous avez bien lu)des friandises, des cigarettes sans nicotine, de la dynamite, etc. etc.;

Fred et moi optons pour dentifrice, alcool à 96 degrés, et feuille de coca; (pas de cigarette, déjà que leurs poumons sont dans un état lamentable) et pas de sucreries , leurs dents sont aussi dans un sale état;


Bref, entrée dans la mine.

A peine entrée nous entendons: GUARDA, GUARDA! Un petit chariot sur rail rempli de cailloux passe avec trois mineurs sur les côtés.

Première impression: il fait très sombre, merci la lampe frontale.

Le chemin sera parsemé d’obstacles, les plafonds se rétrécissant de plus en plus, parfois même nous poussant à ramper (claustrophobe s’abstenir)l’air se raréfié faisant places à divers produits toxiques. Difficile de respirer;

Heureusement notre guide, un local qui a travaillé dans les mines enfants et qui en est sortie grâce la volonté de ses parents et de son père surtout. Mineurs lui aussi, il ne voulait pas que son enfant vive la même vie que lui. Notre guide nous demandé régulièrement si tout allez bien:


Nous avions établi un code dés le début:  « Guarda »: attention la tête!

Guarda, guarda: le plafond est très bas, accroupissez vous

Guarda, guarda, guarda : rampez.


Nous arrivons devant une statuette décorée, avec cigarette dans la bouche, feuilles de coca à ses pieds.

Le diable ou plutôt « el tio » (l’oncle), personne ne dit le diable ici. Les mineurs honorent donc « el tio » pour les protéger dans les mines. Les mineurs quechua pensent que la terre et le ciel appartiennent au bien, et les entrailles de la terre appartiennent au diable. Pour demander au diable de les laisser travailler dans son antre , ils l’honorent à chaque entrée dans la mine, en lui offrant des feuilles de coca, un peu d’alcool, et une cigarette allumée. (si la cigarette se consume sans que la cendre ne tombe, alors tout se passera bien, si la cendre tombe des le début, il faut s’inquiéter.


Après une heure de marche , de « rampage » et de position incroyable pour passer dans des cavités vraiment très étroites, nous apercevons enfin des mineurs. C’est douloureux de les voir là. Travaillant la mine, creusant à la recherche du caillou qui pourra nourrir leur famille. Ils mâchent de la coca toute le journée, ils travaillent entre 10 et 15 heures sans manger; les feuilles de coca sont censées couper l’appétit. Je leur donne mes cadeaux. Je me sens gênée. Le mineur s’arrête de travailler, me regarde, prend mes cadeaux, ne dit rien, mâche ces feuilles de coca,

Il a l’air épuisé , les yeux rouge de fatigue. Il me montre quelques pierres qu’il a trouvé, je lui demande s’il a des enfants: 4 filles. La communication est difficile , il parle quechua et moi espagnole. Nous sommes gênée tous les deux, moi car j’ai l’impression de faire du voyeurisme, lui parce qu’il se sent observé par une tourisme dont il ne connait pas le monde.

Je préfère le laissé. Je lui dit au revoir,


Plus tard, nous croiserons d’autres mineurs , fatigués, eux aussi, des adolescents qui se faisaient discret. Et des mineurs en sueurs, épuisés, criant de force pour tirer un chariot sur des rails qui apparemment étaient élimés par le temps. Dur.

J’aimerai les aider mais avec mes muscles de poulet, je n’aurai pas pu faire grand-chose. D’ailleurs quand j‘ai demandé au guide si je pouvais, il m’a regardé dubitatif et s’est retourné vers des garçons. Bon d’accord , les filles ont beaucoup moins de muscles mais nous on a le courage et le mental, non????

Au final, aucun garçons n’a voulu se mouillé! Qu’Est-ce que je disais!!!!!

Bref, arrêtons se discours pseudo féministe à 2 francs.


A la sortie de la mine, nous assistons à diverses explosion de dynamite. Cela fait mal au oreilles et donne une petite pression sur le corps avec le souffle.

Nous rentrons à l’hôtel prendre une douche tellement nous sommes sales et partons diner une derrière fois avec Guillermo.


Comme cela fait presque 1 mois et demi que je mange que des patates (frites ou à l’eau) ou du riz, je décide d’innover et de demander de la purée

Au début, la réponse était négative, mais après moult négociations, le serveur finira par m’accorder cette faveur et je dégusta (c’est le mot), l’une des meilleures purée de ma vie. Bon peut être que j’exagère un peu, ça fait tellement longtemps que je ne mange que du riz et des frites, que n’importe quelle autre forme de préparation ou d’aliment satisferait mes papilles.


Nous disons au revoir à Guillermo, cette fois pour moi, c’est la dernière fois que je le vois. Je suis un peu triste, mais je sais que j’ai un toit ou dormir si je vais a Buenos aires. Pareil pour lui, s’ il vient en France, à Paris.

 

Le lendemain, bus pour Uyuni,

 

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