huanchaco 2, les enfants des rues

Publié le par héloïse Thomas

Hunchaco 2

 

Dernier jour à Hunchaco.

Je profite un maximum de l’hôtel, des gens sympathiques qui y travaillent, de l’ambiance douce et agréable.

Dur de me dire que ce soir , 19 heures de bus m’attendent pour rejoindre ma prochaine destination, Nazca.

Je finis par me raisonner, décolle de mon transat et de mon jus de papaya, et prend un micro bus jusqu’au site de « Chan chan ».

Ou plutôt, à l’entrée de la route de terre qui mène à « Chan Chan ». Je n’avais pas très envie de passer par une agence, le micro bus étant très peu onéreux et plus convivial, plus local.

40 minutes de marche plus tard, au milieu d’un désert de cailloux et de sables, j’aperçois enfin ma destination.

« Chan chan »:

En tout, la cité s’étend sur 14 km et comprend 9 citadelles ou régnèrent les rois « Chimus».

Le royaume chimu, dont Chan Chan fut la capitale, connut son apogée au XVe siècle, peu avant de succomber à la puissance inca. L'aménagement de cette ville, la plus importante de l'Amérique précolombienne, reflète une stratégie politique et sociale rigoureuse, marquée par sa division en neuf « citadelles » ou « palais » formant des unités indépendantes.

 

 

 

 

Le site est impressionnant, très différent des Huacas de la luna y del sol. Culturellement , ils ne savent que très peu de choses sur les « chimus. » La visite dure 40minutes.

Retour à Huanchaco, je décide de me balader sur la plage une dernière fois, au coucher du soleil.

J’aperçois, au loin, des pécheurs, sur leurs bateaux de roseaux, surfer sur les vagues pour atteindre le rivage, des vendeuses ambulantes pédalant sur leurs vélos épicerie, me dépassent et s’arrêtent quelques mètres plus loin, proposer leurs fruits frais aux passants; les cuisiniers sortent leurs barbecues artisanales, devant les restaurants de plages, et une odeur de viandes et poissons grillés envahis les rues et aiguise les appétits.

Le soleil, trempe doucement sa partie inferieure dans l’océan, et les enfants des rues , dévalent les escaliers menant à la plage , pour ramasser les détritus en plastique, des étourdies ou des inconscients.

Je continue à marcher et a profiter du spectacle visuel d’un coucher de soleil sur l’océan.

Arrivée à hauteur d’un terrain de jeux pour enfants bordant l’océan, deux petits filous me dépassent en courant, un énorme sac poubelle noir en plastique en équilibre sur le dos.

De derrière, on dirait deux petits escargots, qui pris d’un soudain enthousiasme à la vision des jeux pour enfants , avaient trouvé la force et l’énergie de « glisser » plus vite que les autres sur la terre promise.

Ils jettent leurs dévolus sur la balançoire, envoient valser leurs sacs remplis de bouteilles en plastique, non loin d’eux, et s’accrochent goulument aux cordes de la balançoire avec énergie.

Ils rient aux éclats. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter et de les observer. L’un, le garçon parait plus jeune que la petite fille qui s’accroche désespérément à la balançoire cassée à côté de lui.

Leur pieds sont dénudés, ils n’ont pas de chaussures, leurs visages enfantin est un peu sale, et leur cheveux mal peignés.

Les vêtements qu’ils portent sont troués, et leur nez n‘a pas croisé un mouchoir depuis un bon moment.

Pauvres, c’est sur, mais ont-ils des parents?

Je lève la tète , et cherche du regard un parent ou un proche qui surveillerait leur progéniture d’un oeil bienveillant voir attendri.

Personne.

J’ai un doute.

Au Brésil, la pauvreté et l’agonie des enfants de rues ne pouvaient échapper à personne. Mais au Pérou, je n’ai pas encore vu une telle situation, que ce soit à Lima, ou dans d’autres villes beaucoup plus pauvres.

Qu’ils ramassent des bouteilles en plastiques pour les revendre et en tirer un bénéfices est sur. Mais l’abandon???

Je décide d’entrer en contact, les voir s’envoler de plus en plus haut, la tète en arrière, riant aux éclats, me donne l’irrésistible envie de prendre des photos. Je leur demande.

Ils ne répondent pas, ils rient de plus en plus fort, et me regarde à peine. J’en prends une puis 2 , puis 3. ils me font rire. Toute cette inoncence. Je ris et j’ai un énorme pincement au cœur. Il est 19h, à cette heure là , des enfants de leurs âges, devraient être chez leurs parents, attablés, attendant que leur maman, ou papa, leurs servent a manger. La discution s’engagerait sur la prise du bain, et après aux lits, et eux déçus de devoir exécuter le bon vouloir de leurs parents, bouderaient jusqu’à la fin du repas, fort de ne pas avoir pu grappiyer quelques minutes de jeux en plus.

Mais, là, livrés à eux même, ils jouent sans se rendre compte que ce n’est pas leur place.

Je ris et je suis triste. Je range l’appareil et pousse « Jorde » sur la balançoire, il rie, il rie tellement fort, qu’il bascule sa tête en arrière, comme pour exulter encore plus ce rire et cette joie qui l’envahit.

Le monde est cruel, l’humain est cruel, je suis cruelle, j’en ai gros sur le cœur d’un coup. Je me sens absurde, moi, la touriste, a poussé un enfant de 4 ou 5 ans qui ramasse des bouteilles en plastiques pour pouvoir manger. Moi avec mon appareil photos dans mon petit sac à dos, mon porte monnaie et mes ray bans.

J’ai honte, J’ai honte de moi, de mon humanité, j’ai honte de la terre entière. J’ai honte de laisser faire ça, j’ai honte d’accepter qu’on puisse faire du mal a un enfant, j’ai honte de mon ignorence et de ma cupidité. J’ai honte de vivre dans un monde ou la vue d’un enfant qui ne mange pas à sa faim ou qui souffre n’émeus plus personne.

J’ai terriblement honte, j’arrête de pousser, je baisse les yeux.

Jorde me regarde;

Quelques secondes passent

Il se lève de la balançoire, s’approche doucement, et dans un éclat de rire à illuminer les ténèbres, il cours vers le toboggan.

Je sursaute, Kele, sa sœur, le rejoint, et ils glissent tous les deux en riant de plus belle, à peine la glissade terminée, ils sautent du toboggan, et courent a perdre haleine jusqu’à l’échelle qui les mèneras vers le sommet de leur exaltation.

Je souris.

Je m’assoies devant le toboggans, et je les regarde, je ressors l’appareil photos pour immortaliser cette joie et cette innocence. L’innocence, l’inconscience, la joie simple de vivre le moment présent sans se soucier d’autre chose, j’aimerais être un enfant à ce moment là; retrouver mon innocence. Ils sont tellement fragile, tellement à même de faire de mauvaise rencontre, tellement vulnérable.

J’ai envie de les aider, je ne sais pas quoi faire, j’arrive pas bien a réfléchir, je crois que je suis un peu émue sur le moment, j’ai du mal a gérer mon émotion.

Jorde, descend du toboggan, court vers moi, entour mon cou de son bras, et me demande de regarder les photos. Kele nous rejoint, court et glisse sur le sable comme une pro de la glisse et arrive pile poil à notre hauteur. Je fais défiler les photos. Ils rient, de plus en plus fort à chacune d’elle. Je rie avec eux.

Le défilement des photos fini, je relève la tète, on se regarde tous les trois.

Ils courent prendre leurs sacs poubelle , passent une dernière roulade sur des petites barres parallèles et s’éclipsent en riant, leurs sacs ballotant sur leur dos.

Je reste là, quelques instants, je regarde autour de moi , l’océan a engloutit presque totalement le soleil, qui dans un dernier effort, jete ces derniers rayons à l’Horizon.

J’en ai gros sur le cœur. (gros sur la patate, mais c’est moins poétique)

 

Je dine sans appétit, jette une dernier fois un œil sur la plage, espérant apercevoir Jorde et Kele, désespérément absent;

Et rentre a l’hôtel prendre mon sac et dire au revoir à tout les gens avec qui j’ai partagé ces 3 jours.

 

…. Sauf Jorde et Kele…

 

 

 

C’est parti pour 19 de bus.

 

 

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Francesca 06/02/2010 21:35


Je lis tes aventures avec beaucoup de plaisir. Continues de nous faire partager tes moments et à nous faire découvrir le pérou et tout le reste. Bonne route.


ady 05/02/2010 17:46


c'est une jolie rencontre... en partageant cet instant avec eux tu les a fait rire. qu'y a-t-il de plus fort que le rire d'un enfant?
keep on smiling... like a child! ;o)