Huaraz 2 et l'enfant tombé du ciel

Publié le par héloïse Thomas

 

Jour 2 A HUARAZ

Réveil à 6h du matin, pour aller voir un site archéologique à 3H30 de Huaraz: le chavin de huantar, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site n’est pas particulièrement impressionnant mais ce sont les vestiges les mieux conservés de la culture chavin , qui s’épanouit grosso modo entre1200 et 300 avant jésus (Rrrrrhésus). C’est l’un des sites les plus anciens du continent. 2000 ans avant les Incas. Les paysages sur le trajet sont absolument somptueux, des steppes a pertes de vues, des montagnes au col blanc côtoies d’autres pics plus sombres et inquiétants, une douce rivière séparent ces montagnes qui cohabitent parfaitement, quelques maisons construites en fétu de pailles, se camouflent à l’horizon. Un bonheur pour les yeux.


En route, nous nous arrêtons devant le lac Querococha, perché à 4100 mètres, ou un jeune enfant, un agneau dans les bras, le nez coulant à cause du vent frais matinale, nous regarde d’un air dubitatif.

Je cherche son habitation des yeux… rien à l’horizon.

Je plisse un peu les yeux et aperçois une toute petite maison de paille, isolée sur le flan de la montagne. Nous restons quelques moment à nous observer:


moi: « mais comment peut on vivre ici? loin de tout. comment font il pour les médecins? pour se déplacer? pour aller à l’école? etc., etc., etc. (ou voir l’orthodontiste *1 (cf bas de page)) »


Lui: «
Qu’Est-ce que c’est que cette fille, à la peau blanche comme la neige, qui prend des photos du lac, ou je trempe mes petits petons, pour les laver chaque matin…..; »


L’agneau pousse un cri strident, comme pour manifester son impatiente. L’observation cesse immédiatement.

Je le regarde s’éloigner et remonte dans le bus qui me mènera à Chavin, en traversant, soit disant, le plus haut tunnel du monde (4500 mètres).


Au bout de la route sinueuse et cahoteuse (pas goudronnée, juste de la terre ou des cailloux avec d ‘énormes trous, tous les 3 mètres), la petite ville de Chavin apparait, colorée, entrenue, isolée et typique, avec sa petite « plazza de armas», sa petite église, et sa population andine.


Affamés par le trajet, Julien, Fréderic, Nick et moi déjeunons tranquillement dans un petit restaurant. Quand soudain, un bruit sourd, une planche de bois s’abat sur ma tête ainsi que sur la table à côté, j’ai le reflexe de me protéger et de me lever tout de suite pour pousser l’énorme planche qui s’était effondrée du première étage…..

Un cri, des pleurs, je me retourne, je ne comprends pas.


Un enfant, les fesses sur le sol, se tient le ventre, les yeux dans le vide, pleurs, en essayant de reprendre son souffle. Une femme, assise à la table derrière moi, se tient la tête. Une autre, paniquée, pousse la planche avec moi sans comprendre ce qui viens de se passer. Un autre enfant, assis à la table, entoure sa mère de ses bras, effrayé.

C’est la confusion, les serveurs accourent… je ne comprends toujours pas.

L’enfant, assis par terre, se met à hurler de douleur, il se recroqueville sur lui même, …

J’ai peur… je comprends…


L’enfant est tombé du première étage, ou plutôt l’étage s’est effondré sous ses pieds. Il a atterrie sur le ventre, face contre terre. Il se relève difficilement, sa mère, l’une des serveuses, l’emmène, vite, pour ne pas déranger les clients.

C’est la confusion. Les serveurs courent, les clients nous regardent, la dame assomméE par la planche a visiblement eu très mal. Finalement, tout rentrera dans l’ordre, plus de peur que de mal, l’enfant blottit dans les bras de sa maman, sécha ses larmes. La femme, assommée, retrouva ces esprits.


Les seules victimes??? Nos plats: pollués par la poussière, du sable, du bois , provenant de l’écroulement d’une partie du première étage.. Quelle déceptionJ )))

Tant pis, le principale est que tout le monde va bien.


J’avoue être un peu déçue par le site archéologique  « chavin de Huantar». Je m’attendais a quelque chose de plus impressionnant. Mais. en y réfléchissant, retrouver des vestiges, d’une civilisation vivant 1200 ans avant Jésus christ, est incroyable, même fou, alors je ravale ma déception: on n’est pas à Disney land? non plus..

Non, en fait j’ai été surtout déçu par le guide.

Mon lonely planet (livre de voyage) m’a donné plus d’information, en quelques lignes, que ce prétendu guide. Une description sommaire, voir inexistante, son intervention a duré 10 minutes, au bas mots…


Il s’arrête un moment pendant la visite sur un énorme rocher, creusés de 5 ou 6 trous, à la surface. L’explication mot pour mot: « ça, c’est un rocher qui servait pour l’astrologie, maintenant, les oiseaux y font leurs nids » (et il continue vers un autre endroit)

…..

No comment

 

Déception et frustration passées , retour à l’hôtel, je me sens faible et fatiguée, j’ai saigné du nez toute la journée. Apparemment mon corps produit trop de globule rouge. En effet aàcette altitude, l’oxygène est moins présente, le corps doit s’acclimater et produit donc plus de globules rouges.

Mon nez en pâtit.

Je me sens faible et vaseuse, mon estomac me rappel soudain son existence, et son emplacement précis. Des courbatures attaquent mes mollets jusqu’à ce que chaque pas soit une épreuve. Des tambours retentissent dans mon crane, je perds l’appétit…. C’est si soudain.

Je goute à peine mon plat, de la soirée.


je vous ai parler des auberges, mais très peu de la nourriture au Pérou, qui n’est, hélas, pas très varié.

Vous avez le choix entre du Pollo (poulet) , Lomo (porc), res (steck), et un poisson ,sous toutes ces formes (brochette , en soupe, à la plancha ,…) et du riz et des patates.. Dur!!

Ah oui, et du Cuy; un mignon petit hamster, qu’ils égorgent et mangent avec du riz (miam).

Bien sur les prix sont très bon marché, environ 6 à 10 soles : entrée , plat , dessert: (6 soles: 1 euros 35 environ). Le seul qui n’aimera pas, c’est votre estomac, pas habitué à manger des denrées préparées, on va dire, dans un environnement peu propice la confection de plats cuisinés.

Je rentre me coucher, terrassée, mon nez continue de couler.


Le matin ; pareil (heureusement, j’ai ma mini pharmacie avec moi, qui permet de faire tomber ma fièvre et de soigner mes douleurs d’estomac.)

Je passe la journée au lit: les garçons sont gentils, me laissent dormir, m’obligent à manger le midi pour reprendre des forces.

Nous avions prévu, le lendemain matin, de faire un trek de 4 jours, dans les montagnes (le fameux trek santa Cruz) je ne m’en sent pas la force. J’abandonne, ça serait inconscient d’y aller. Je suis triste, je voulais vraiment faire ce trek, mais je sais que j’ai pris la bonne décision. La décision raisonnable.

Je donne rendez-vous à Julien , à Nazca, dans 5 jours, et pour les autres nous nous retrouverons certainement plus tard, entre le sud du Pérou et la Bolivie.


Les garçons partis, le lendemain, je passe ma journée avec 3 allemands: Inga, Christian, et Christelle. Nous communiquons en anglais, mon niveau d’anglais est nettement meilleur que l’espagnole. C’est reposant .

Je décide de ne pas rester à Huaraz plus longtemps et prends un bus le soir même pour Trujillo (après avoir diner avec Inga, qui, je me rends compte, à un niveau zéro d’espagnole, waouh!!!!!. Ça me redonne confiance, je lui traduit tout, (j’ai l’impression d’être parfaitement bilingue à côté d’elle, alors que c’est faux, on s‘échange nos mails…).

9 heures de bus jusqu’à Trujillo.

Hasta pronto

 

 

*1: : petite dédicace à mon orthodontiste . Mes dents vont très bien, merci. J’ai, de plus en plus, les dents de Yannick Noah, mais bon, ça va, je tiens le coup.

J’ai juste peur qu’un morceau de Cuy ou de poulet reste lamentablement accroché à mon interstice dentaire, après un repas rassasiant, et que dans un élan de sympathie et de sociabilité extrême, je me mette à parler à tout le monde, avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Puis que les péruviens, effrayés par la vision d’horreur, croient que c’est une mode, française, de se coincer un bout de viande entre les dents du milieu et de rire aux éclats en baragouinant quelques mots d’espagnole… J J J , bien entendu , je rigole. Et j’espère que vous vous portez bien.

: « mais comment peut on vivre ici? loin de tout. comment font il pour les médecins? pour se déplacer? pour aller à l’école? etc., etc., etc. (ou voir l’orthodontiste *1 (cf bas de page)) »

Moi

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soleillune 16/02/2010 23:32


Bonjour, je butine ce soir les blogs et me pose sur tes mots qui me font voyager à travers tes yeux et ton coeur. Super! à bientôt, fais attention à toi.


Clo 01/02/2010 15:17


Magnifique tes photos ma belle....ça me donne envie!!!!
Toujours pas retiré de mon esprit l'idée de retrouvailles à l'autre bout du monde t'inquiète...mais faut encore que j'affine mon côté boulot :)))
Prière d'arrêter d'embrasser les anacondas, svp...merci...berk...
Par contre, histoire d'amour avec paresseux permise :)))
des bises et heureuse de te lire car j'avais tenté de te contacter après avoir vu au JT les inondations et comme mes messages n'avaient pas aboutis, je suis rassurée de te voir enfin!