Cuzco et alentours

Publié le par héloïse Thomas

Cuzco

Arrivée à Cuzco le matin, je prends un taxi direction « pirwa hostel colonial« , plazza San Francisco. En discutant avec mon taxi, j’apprends que la fermeture et les inondations de la région de Cuzco sont une catastrophe économique. Cela affecterait même le PIB, 80% de touristes en moins. Comme si, le seul intérêt du Pérou était le Machu Picchu. Bon j’avoue qu’en apprenant que le site serait fermé , j’étais vraiment déçue, mais bon entre dépenser de l’argent pour voir des ruines d’une civilisation perdue et aider une civilisation qui a besoin d’aide maintenant, y’a pas photo. Soyons réaliste.

J’arrive dans une superbe auberge de 2 étages, style coloniale. Je suis impressionnée par l’architecture. Et effectivement, il n’y a pas foule. Je suis seule dans un dortoir de 12 lits. Et il règne dans l’auberge, une ambiance fantomatique.

Je n’ai pas sommeil, je décide tout de suite d’aller visiter la ville. Je ne vais pas être déçue, Cuzco c’est ma ville coup de cœur. La plus belle ville du Pérou sans aucun doute…

Que dire: une multitudes de petites ruelles montantes et descendantes toutes plus mignonnes les unes que les autres, des petites places qui donnent envie, à chaque fois, de s’assoir sur un banc et de contempler le temps qui passe, des musées à chaque coin de rues, des églises en veux tu , en voilà, des ruines Incas dans la ville même, un quartier artiste bohème semblable à Montmartre, bref, Cuzco est vraiment une ville a ne pas manquer.

Ma première journée sera occupée par la visite de deux musées retraçant pour l’un, la culture incas, le second, toutes les civilisations connues au Peru. Et le reste de la journée, balade dans la ville.

Le deuxième jour , je reçoit un mail de Julien, qui vient d’arriver à Cuzco. Rdv à 12h, plazza de armas. Ok.

On se retrouve facilement. Il est très content de son trek dans le Canyon de Colca. Il lui reste que deux jours et demi avant son retour sur Paris, je décide de les passer avec lui. Il dépose son sac au backpakers et nous décidons de visiter la ville et de passer par une agence pour organiser la visite des ruines dans la région de Cuzco.

Finalement pour « 28 soles », on nous propose l’après midi, les ruines aux alentours de Cuzco : QINQO, , … et la journée du lendemain, les ruines de pisac, ollataytambo, et chinchero. Parfait quant on a pas le temps. (28 soles : 7 euros).

Je redoute un peu le truc méga touristique. Je me suis pas trompée. Dés notre arrivée devant l’énorme bus, une ribambelle de touriste américano russo, à la soixantaine bien trempée, l’appareil photo de 10 kilos pendu au cou, et la camera HD dans la sacoche (valise) à l’épaule, je passe les détails sur le bob , les chaussettes au dessus les sandales et la Rolex au poignet. J’ai peur! Et un peu honte aussi, de faire partie de cette masse touristique qui, on dirait , et en pleine représentation de sa richesse et de sa décadence.

La visite des ruines se fait au pas de courses, mais est très intéressante. Les ruines se trouvent entre 2 kms et 8 kms de la ville.

Retour à l’hôtel.

Le lendemain, levée 6h30 pour prendre la bus qui nous mènera vers les ruines de Pisac (32 km de Cuzco), de ollantambo, et de Chinchero.

Les récentes inondations ont détruit le pont menant à Pisac, le bus doit donc faire un détour de 2heures pour arriver à Pisac.

Je communique avec Laurent ( qui vit là bas depuis 1 mois, pour tourner un documentaire sur une famille Quechua), par internet depuis quelques semaines, et je me dit que si ça se trouve en descendant au ruines de Pisac, je l’apercevrai.

Cela n’a pas manqué!

Après avoir monté les 3 millions de marches (j’exagère à peine) pour arriver au site de Pisac, Qui vois-je, caméra à l’épaule droite et perche d’ingénieur du son sur l’épaule gauche?????: LORENZO. Tout beau, tout bronzé, tout fatigué.

Je me rends pas compte sur le moment que voir un ami, à 12000 km de France, sur les ruines de Pisac, au milieu de nulle part, après 2h de montée éreintante, est magique.

On se voit, on se sourit:

Moi: « ça va? »

Lui: « oui, ça va et toi»

Moi: « C’est beau, hein? »

Lui: « oui »

Moi: « C’est quoi comme caméra? »

Moi: « sympa, elle a l’air malléable »

Lui: « on mange ensemble à midi sur Pisac? »

Moi: « si tu veux, aujourd’hui, ch’ai pas, demain sur »

Lui: « ok »

Moi: « bon, courage »

Lui: « a toute »

Voilà , a peu prés, les quelques phrases que l’on a échangé.

On y repensant, c’était d’un naturel déconcertant. Ce n’est qu’après que l’on a réalisé que nos retrouvailles étaient marrantes.

Bref, je le regarde descendre avec Muriel, la réalisatrice et renay, l’ami quechua qui les guide tout le long de la visite du site.

Je peux enfin, admirer à mon tour, le spectacle qui s’offre à moi. Un temple surplombant les montagne, la vue est magique. On imagine la vie ici, la construction a été fastidieuse, chaque énormes pierres ont été enlevé et découpé de la montagne voisine et emmené, ici.

Wouaouh.

Après 1 h de contemplation , reprise de bus vers chinchay, pour déjeuner. Le bus nous arrête devant un restaurant typiquement touristique, à 38 soles le buffet. J’éclate de rire. Les salauds!

Tout le monde râle mais se soumet à l’invitation. Je demande la carte, je commande une brochette à 20 soles: le serveur me tire une tête de 10 pieds de longs. Je sens bien qu’il n’a pas envie que la gringa mange à la carte seulement pour 20 soles.

30 minutes après, toujours pas servi, je souris à Julien, (le français qui m’accompagne), prends ma veste et mon sac, va dire « au revoir » au serveur ,qui nous nargue du regard depuis tout à l’heure, et m’en vais manger dans le petit restaurant familiale à 8 soles, à côté. Une femme et sa fille nous servent une soupe délicieuse, suivie d’une énorme tranche de steak avec frites, riz, et légumes. (8 soles)

Une dizaine d’ouvriers mangent sur à la table d’à côté et nous regardent amusés, ce n’est pas tout les jours qu’ils voient des européens manger dans le resto du coin.

Comparer à l’énorme restaurant touristique juste à côté, le notre parait minuscule.

Je me rends bien compte des limites du voyages en groupes de touristes. Je l’ai fait pour Julien , car il manquait de temps, mais je me dis intérieurement que les bus de 40 personnes, c’est la dernière fois.

Retour au bus. Un suisse , nous raconte que 10 minutes après notre départ, le serveur est enfin arrivé avec les assiettes.

Je lui décrit ce que l’on a mangé et à combien, il se décompose. Je préfère donner mes 10 soles à une famille qui tient un petit resto qui paye pas de mine, plutôt que 38 soles pour manger la même chose, et l’argent ira certainement dans la poche d’un nabab ou d’un étranger qui à flairé le bizness.

Bus pour Ollataytambo.

Site très différent avec ces multitudes de terrasses qui surplombent la ville. Le site est magnifique mais bourré de touristes qui s’agglutinent tous vers le même point: devant la montagne sur la gauche. Avec deux Japonais qui ne parlent aucunes langues connues internationalement, à part le Japon, je décide de gravir la montagne, de la contourner sur la droite et d’accéder à l’autre moitié du site. Bonheur intense. Il n’y a personne à part les deux japonais et moi. Au loin, j’aperçois l’autre site avec les touristes et leurs manteaux multicolores, ou plutôt, non,…..les touristes et derrière, en tout petit, le site.

Je savoure le moment de solitude, et aperçois un énorme nuages gris qui s’approche dangereusement de l’endroit ou nous nous trouvons.

Je décide de redescendre. Très bonne idée, car à peine le pied posé en bas qu’un déluge s’abat sur nos têtes.

Remonter dans le bus, direction « Chinchero » qui s’ avérera être une déception. Un petit village, certes, est mignon, mais la visite se cantonne à une église, ou la « pipelette » de guide nous retracera toute l’histoire de la colonisation par les espagnoles et l’obligation des peuples d’Amérique à ce convertir à la religion catholique. Pendant son discours corrosif sur l’anéantissement des croyances locales, une soixantaine de Péruviens venaient allumer un cierge, après avoir fait le signe de croix.

Retour à Cuzco.

C’est la dernière soirée de Julien mais on se couche tôt, fatigué des visites aux pas de courses de la journée.

 

 

 

 

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pérou 02/01/2011 16:01


Super article, merci :)

Meilleurs voeux aux amis du Pérou en cette année qui s'annonce !!!